Aseth Schiste Orant

 

 Né en plein cœur de l’âge Athanor dans la ville qui allait devenir la capitale du continent d’Alcade, Aseth est recueilli encore très jeune par Goettie à la suite d’un drame qui précipita la disparition de son ascendance. Fils unique issu d’une noble famille, il en est le dernier descendant encore en vie. Premier membre notable à rejoindre la phratrie des Apatrides, Aseth considérera longtemps Goettie comme un second père, mais l’arrivée de Sarx Koptein quelques années plus tard au sein de la phratrie éprouvera secrètement ses sentiments filiaux. Malgré cela, et de par son tempérament sensible, Aseth se liera d’une profonde amitié avec le nouvel arrivant.

 Aseth avait toujours fort à faire même hors des champs de batailles. Entre autres activités, il s’adonnait fréquemment à la sculpture, un art dans lequel il excellait, aux dires de ceux qui eurent la chance de le contempler dans son œuvre. Hélas, ses statues furent en grande partie détruites ou perdues durant l’offensive de l’armée de Fondé sur la cité d’Adamas. Il fut aussi un épéiste de talent pour qui l'arme blanche n'avait plus guère de secret, on s'accorde à penser qu'il aurait tiré son enseignement théorique du célèbre ouvrage L’estoc est de taille de l’auteur Alène Spina d’Acanthe, un grand praticien dans l’art du maniement de l’épée d’estoc, et une figure de légende aux yeux de l’enfant que fut jadis Aseth. C’est en l’honneur de ce maître d’arme improvisé – aucun élément dans les textes de Sapience ne vient confirmer une éventuelle rencontre entre les deux hommes – qu’il surnomma « Alènes (les)  » ceux qui combattirent dans son escohorte (mélange des mots escorte et cohorte utilisé par Goettie pour nommer ses différentes troupes). Sous le commandement d'Aseth, les bataillons étaient mixtes, hommes et femmes s’y côtoyaient en talentueux épéistes. Contrairement à lui, Damice, dont la technique demandait une grande dextérité, n’avait sous ses ordres que des femmes. Quant à Sarx, du fait de ses méthodes draconiennes, lui ne pouvait mener au combat autre chose que des hommes.

Aseth

 Comme tous ceux qui furent formés par Goettie, Aseth possédait plusieurs cordes à son arc. Non content de perfectionner chaque jour ses bottes secrètes, il aurait suivi un long enseignement au sein de l’école de Polémologie de Coronis, duquel il retira une excellente maîtrise dans la pratique de la Scriptura hiératique – une science principalement médicale qui recélait des à-cotés surprenants pour quiconque était capable d’adapter ses connaissances à ses besoins. De nos jours, la Scriptura hiératique est une pratique peu répandue car considérée comme trop élitiste, si l'on en croit les Thaumaturges contemporains. Il faut savoir que l’élément principal qui compose la majeure partie de ces applications est une encre du nom de Sépia Sandix qui, du fait de la rareté de ses composants, est extrêmement dispendieuse.


 Aux dires de beaucoup de ceux qui le côtoyèrent, Aseth, de par ses diverses aptitudes, fut un compagnon d’arme fort précieux. D’un caractère jovial, il avait un tempérament posé, et il ne se laissait pas facilement intimider, bien que, malgré sa prestance naturelle, il laissa maintes fois ses sentiments le submerger. Ses débordements ne furent d’ailleurs pas toujours à son avantage et eurent parfois de malencontreuses incidences sur son devenir. Malgré sa profonde nature d’écorché vif, Aseth ne fut jamais aussi altruiste que Xipho, pour qui le sort des autres et l'équité revêtaient une grande importance.


 L
ors de la dissolution de la phratrie des Apatrides, ses principaux membres se séparèrent en mauvais termes, mais c’est sans aucun doute la rancœur que portait Aseth à l’encontre de Sarx qui restera la plus notable, car, selon les dires de Xipho, les deux anciens frères d’arme en vinrent aux mains pour leurs adieux.


 Une armure nommée Chrysocale, sensée lui avoir appartenu, repose encore de nos jours dans la ville de Palladia. Elle est accompagnée d’un masque finement ouvragé qui laisserait à penser que son porteur aurait pu être atteint d’une difformité faciale sur les dernières années de sa vie. À en croire les écrits de Sapience, c’est un suicide qui mettra fin à la longue existence d’Aseth – précisément en l’an 82. Il laissera derrière lui une femme et un enfant, tous deux négligés des rares écrits le concernant.